Ballan-Miré & ses lieux-dits

Amis de la Bibliothèque de Ballan-Miré

Le Petit Port Cordon


Comment imaginer que cet endroit aussi tranquille possède une histoire aussi riche ?

Le mot « port » désigne un lieu sur une rivière  où les  bateaux peuvent aborder. « Cordon » renvoie à corde, certainement une corde tendue entre les deux berges servant de main-courante au bac.



Comme en témoigne un acte notarié du XVIe siècle, le nom de Port Cordon apparaît pour la première fois dans un document latin de 1095 et peut-être dans un autre datant de 959.

En tout cas, ce lieu a été l'objet d'une longue suite de chicanes, suppliques, sentences relatives au passage du Cher et à ses péages.

Port Cordon appartient à l'abbaye de Saint-Julien, passe dans les mains des chanoines de Saint- Martin, puis dans celles des Jésuites de 1735 à 1762.    Taschereau des Pictières en devient propriétaire.

Le plan retrouvé aux archives départementales laisse voir un simple corps de bâtiments et une maison avec jardin  attenant de 52 chaînées*, le tout assez délabré si l'on en croit la description du notaire.  Une grange au toit pentu et aux murs de tuffeau* est sans doute le seul vestige qui reste de cet ensemble. Ce plan ne montre pas de pont. Celui-ci existait mais a été emporté par une crue en 1766 et n’a jamais été reconstruit (d’après Jacques Maurice). Notre plan fait état de bancs de sable, de pâtureaux, de prés, tout cela soumis aux crues.     Un acte de partage rédigé en 1772 se conclut d’une manière qui ne laisse planer aucun doute sur l’état du lieu « deux arpents de prés restant du  plus grand nombre, la rivière ayant emporté le surplus :la somme de 400 livres est avancée pour les réparations du dégât des eaux.

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-  chaînée :  ancienne mesure agraire, équivalant à 25 pieds carrés, soit 65 m2 environ.

-Arpent : ancienne mesure agraire correspondant généralement à cent “ perches carrées ”,   soit, selon les régions, de un tiers à deux tiers d’hectare

     -Tuffeau :  pierre calcaire.